Votre bébé dormait bien et voilà qu’une régression du sommeil apparait. Les endormissements se faisaient sans difficulté et les nuits n’étaient pas le théâtre de multiples réveils. Mais depuis quelques jours, votre bébé lutte pour ne pas s’endormir, se réveille souvent la nuit ou encore se met à raccourcir ou sauter des siestes. Pourquoi ne dort-il plus comme avant? Que faire pour retrouver des nuits sereines?
Vous êtes au bon endroit ! Dans cet article, je vous explique ce qu’il se passe et comment accompagner votre enfant pour retrouver des nuits paisibles pour toute la famille.
Quels sont les signes de régression du sommeil?
Votre bébé dormait bien et il se met à avoir plus de réveils nocturnes, l’endormissement devient long et difficile, les siestes sont courtes ou inexistantes. En journée, votre enfant est fatigué et plus irritable. Il a besoin de dormir mais son sommeil est perturbé. Ce qui fonctionnait avant pour l’endormir semble ne plus être efficace.
A quel âge y a-t-il une régression du sommeil chez le bébé ?
Les âges clés
Il n’y a pas une seule régression du sommeil chez les bébés, mais plusieurs. Ça, c’est la « mauvaise » nouvelle. La « bonne nouvelle », c’est que ce terme de « régression » est plutôt mal choisi, car il s’agit principalement de phases de développement importantes. Votre enfant grandit bien!
Les âges clés sont :
– 4 mois , avec le passage du cycle du sommeil nouveau-né à un cycle de sommeil plus proche de celui de l’adulte, en quatre phases.
– entre 8 et 10 mois, avec les angoisses de séparation
– à partir de 12 mois, avec l’acquisition de la marche
– vers 18 mois, avec le développement du langage et une nouvelle angoisse de séparation
– vers 2 ans, lorsque la perception du monde des enfants s’élargit fort. Leur imagination se développe et de nouvelles peurs peuvent apparaitre.
Chaque enfant est unique
Chaque enfant est différent. Tous ne vivront pas de régression du sommeil à chaque étape. Certains enfants sont plus sensibles que d’autres au changement. Les perturbations du sommeil peuvent avoir différentes origines.
La génétique peut jouer un rôle. Un enfant dont les parents ont eu des troubles du sommeil importants dans leur enfance est plus à risque d’en vivre à son tour.*
L’environnement, les rituels, le cadre jouent aussi un rôle prépondérant.
Enfin, le sommeil peut être impacté par une multitude d’événements, petits ou grands, et par les émotions qui les accompagnent.
Puisque chaque enfant est unique, chaque réponse est unique aussi. Dans cette optique, je vous invite à découvrir un outil qui permet de comprendre en profondeur ce que vit votre enfant pour pouvoir l’accompagner au plus près de ses besoins.
* Source: « Le sommeil du jeune enfant » Héloïse Junier – éd. Dunod
Quelles sont les causes de régression du sommeil ?
1. La modification de la structure du sommeil
Durant le premier trimestre de vie, la structure du sommeil du nouveau-né se divise en 3 parties : l’endormissement, un sommeil agité (prémices du sommeil paradoxal), et un sommeil calme ou sommeil lent.
Au bout de quelques mois, naturellement, la structure du sommeil se modifie pour se rapprocher de celle des adultes. Après l’endormissement, un sommeil léger s’installe, suivi d’une phase de sommeil profond, et enfin la phase de sommeil paradoxal, qui peut être agitée par des rêves.
Quel que soit notre âge, nous avons tous des micros-réveils en fin de cycle. La difficulté consiste à apprendre à enchainer ces cycles de sommeil de manière autonome.
2. Le sommeil dans les phases importantes d’apprentissage
Les grandes étapes de développement moteur comme l’apprentissage de la marche par exemple, peuvent perturber le sommeil de votre bébé. Pour certains enfants, une régression du sommeil peut aussi se marquer lorsqu’il apprend à se retourner , à marcher à quatre pattes ou encore dans un pic de développement du langage.
Son cerveau fait un travail incroyable d’intégration. Il expérimente le jour et continue d’intégrer la nuit.
3. Les autres phases de développement neurologiques
Outre le développement moteur, votre bébé passe aussi par des phases d’évolution psychologique. Je pense notamment à ce qui est communément appelé « les angoisses de séparation » ou « la peur de l’abandon ».
Vers 9 mois, votre bébé découvre que ses parents continuent d’exister même s’il ne les voit plus. Par contre, il n’arrive pas encore à tolérer cette absence, car il ne sait pas quand ses parents reviendront. Cette notion temporelle n’est pas encore intégrée.
Le mode alerte de son système d’attachement s’active, ce qui est une bonne chose. C’est cependant une période fatigante pour l’adulte qui est sa figure d’attachement.
D’autres phases de développement neurologique et psychologique qui ont lieu vers 18 mois et 2 ans, peuvent aussi perturber le sommeil de manière plus ou moins importante en fonction de l’enfant.
4. Les changements et événements perturbateurs du sommeil
Vivre une poussée dentaire, commencer l’adaptation dans un milieu d’accueil, changer de puéricultrice à la crèche, déménager, partir en vacances ou sentir que maman attend un bébé sont des exemples d’événements qui peuvent perturber le sommeil de l’enfant.
Selon la sensibilité de votre enfant, son sommeil peut aussi être perturbé par des tensions familiales, sentir qu’un parent vit des choses difficiles au travail ou parce qu’il se raconte qu’il doit veiller sur vous…
Comment accompagner une régression du sommeil chez l’enfant ?
1. Garder le cadre et la régularité
Plusieurs pistes peuvent être explorées pour maintenir un cadre bienveillant et faire en sorte que votre enfant se sente en sécurité tant physique qu’émotionnelle.
Si vous avez déjà un rituel du coucher bien installé, surtout gardez-le. La cohérence, la stabilité vont être des soutiens précieux pour traverser une régression du sommeil.
Si vous n’avez pas encore instauré de rituel du coucher, c’est le moment d’y réfléchir et de le mettre en place avec votre enfant.
Rassurez votre enfant de votre mieux, et veillez à lui offrir des câlins et de l’attention de qualité en journée, de sorte à remplir son réservoir d’amour et de sécurité.
Lors des phases de développement moteur, encouragez votre enfant et soutenez-le dans ses apprentissages, mais sans brusquer le processus.
Parlez-lui beaucoup, toujours. Nommez, expliquez, racontez. Les enfants sont des éponges. Ils ressentent tout, et sont plus sécurisés lorsqu’on leur explique ce qu’il se passe réellement avec des mots simples, que lorsqu’on fait comme si de rien n’était.
Dans la plupart des cas, le sommeil redevient serein au bout d’une dizaine de jours.
2. Consulter un professionnel de santé si nécessaire
Il est toujours important de vérifier avec votre pédiatre s’il n’y a pas une cause d’inconfort physique qui est à l’origine d’une régression du sommeil. Du reflux interne, une otite, une poussée dentaire, des apnées du sommeil, ou d’autres problématiques d’ordre médical peuvent troubler le sommeil de votre enfant. Votre pédiatre ou médecin traitant est la meilleure personne vers qui vous tourner pour soigner votre enfant et permettre un retour à la normale.
3. Écouter et comprendre l’enfant grâce au dialogue de cœur à cœur
Il existe cependant une autre piste pour accompagner votre enfant lorsque son sommeil se dégrade temporairement ou plus durablement lorsque toute cause médicale a été exclue..
Il est possible de dialoguer de cœur à cœur avec votre bébé. Cette forme de communication intuitive permet de mettre des mots précis sur les émotions de votre bébé, et de comprendre avec justesse ce qu’il se raconte exactement. Le dialogue de cœur à cœur permet par exemple de prendre conscience qu’un bébé se réveille pour vérifier que sa maman va bien car il la sent inquiète pour sa reprise du travail.
Il peut aussi exprimer une peur de grandir parce qu’il se raconte que Papa et Maman aiment mieux les tout petits bébés, et que c’est la raison pour laquelle maman attend un nouveau bébé …
Ce ne sont que deux exemples. Il y a des milliers d’autres possibilités. Le dialogue de cœur à cœur permet de savoir exactement ce qui perturbe le sommeil de votre bébé, afin de mettre en place directement ce dont il a besoin pour s’apaiser et retrouver des nuits sereines
Conclusion
Vous savez maintenant qu’il est normal que votre bébé passe par des phases de régression du sommeil. Vous en connaissez les raisons principales et vous connaissez les bons réflexes pour traverser ces phases de sommeil plus perturbé avec sérénité.
En tant que parent, vous êtes la personne qui connait le mieux votre enfant. Vous pouvez sentir s’il essaie d’exprimer quelque chose qui a besoin d’être entendu. Vous savez désormais que le dialogue de cœur à cœur pour être un vrai soutien. Il aide à mieux comprendre votre enfant et à apaiser les tensions. Courage ! Vous avez tout en main pour retrouver des nuits sereines et reposantes.
